Son architecture bullpup explique sa compacité malgré une longueur de canon (488 mm) lui assurant puissance et, à priori, précision. Cette architecture avait déjà été appliquée sur d'autres fusils tels que le Steyr AUG. La position très reculée de la culasse d'un fusil bullpup place l'éjection des étuis à la hauteur de la joue du tireur, ce qui impose de l'épauler toujours du même côté. Le FA-MAS peut être utilisé aussi bien par les gauchers que par les droitiers en changeant configuration de la fenêtre d'éjection; cela implique une inversion de l'appui-joue ainsi qu'un démontage de l'arme afin inverser l'extracteur et l'obturateur se situant autour de la tête amovible (appelée dans le jargon militaire la « tête de Mickey ») dans la culasse[2]. Le sélecteur de tir rafale/coup par coup est situé dans l'arcade de pontet, devant la queue de détente, donc accessibles par les droitiers comme par les gauchers et le limiteur de rafale se situe sous la crosse sur le boitier de mécanisme. La sécurité de l'arme est assurée par le LAI (levier amplificateur d'inertie) sur le F1.
Le canon d'origine de l'arme a été remplacé par un canon fabriqué Beretta qui n'est pas au standard OTAN et cela pose parfois problèmes avec les munitions achetés depuis les années 2000 dans plusieurs pays.
Tir
Le FA-MAS est chambré en 5,56 mm OTAN. Les version F1 et G1 possède un chargeur de 25 cartouches tandis que la version G2 est compatible avec les chargeurs de type M16 contenant de 30 cartouches[2]. Le coût unitaire d'une cartouche est de 0,72 €. Son mécanisme assure deux modes de tir : coup-par-coup et rafale. Le limiteur de rafale situé derrière le puits de chargeur permet d'opter entre des rafales libres ou limitées à trois coups. La cadence de tir, élevée pour un fusil d'assaut, est d'environ 1000 coups/minute en mode rafale illimitée. On a cependant observé des problèmes de surchauffe du canon. Pour l'entraînement, le bouchon de tir à blanc (BTB) peut être fixé au bout du canon. Il permet le réarmement de l'arme en bloquant les gaz de combustion tout en empêchant le tir de balles réelles par accident. L'espérance de vie minimale théorique du canon est de 30 000 cartouches tirées.
Le FA-MAS est aussi capable de tirer des grenades mixte antipersonnelles/antivéhicules (APAV40 notamment) ou antichars (comme l'AC58) au moyen de cartouches ordinaires F1 (grenades modèle F2, où la grenade est dotée d'un piège à balle) ou de cartouches spéciales (cartouches feuilletées pour grenades modèle F1). Les grenades tirées de cette manière peuvent peser un poids maximal de 500 g. On peut aussi adjoindre au FA-MAS un lance-grenade (M203 américain), qui se place sous le canon, ou une baïonnette.
Visée
Les organes de visée (alidades de tirs tendu et courbe) du FA-MAS sont conçus pour employer les grenades à une portée de 75 ou 100 m en tir tendu (tir antichar ou antivéhicule principalement), de 120 à 340 m (par incréments de 20 m) en tir courbe à 45° (tir antipersonnel) ou 60 à 170 m (par incréments de 10 m) à 74°. Le tir avec une alidade de 74° n'est théoriquement pas utilisé en entraînement. La poignée garde-main du FA-MAS F1 est échangée sur le G2 contre une version équipée d'un rail dit OTAN pour recevoir de nombreux types de lunettes de visée de tir (avec ou sans amplification de lumière). La lunette OB 50 A ou B (terre, air) est directement montée sur la poignée garde-main renforcée.
Le FA-MAS possède un bipied pour le tir couché. Il est possible de monter une lunette Scrome J4, un désignateur d'objectif (DO) S3, un viseur laser « point rouge » ou encore un dispositif d'aide à la visée de nuit Pirat "pgmp".
Histoire
Conçu afin d'équiper l'armée française, le FA-MAS a été présenté pour la première fois en 1973 et commandé en 1979. Il était censé remplacer trois armes en service à l'époque: le fusil semi-automatique MAS Mle.49/56, le pistolet mitrailleur MAT 49 et le fusil mitrailleur MAC Mle.29.
La version
initiale du FA-MAS, nommée F1, a été vendu à plus de
400 000 exemplaires aussi bien en France (Armée de
terre) qu'à l'étranger (Djibouti, Gabon, Sénégal et
les Émirats Arabes Unis)[2].
Giat Industries
a ensuite produit une variante G1 qui servit de
transition vers le G2. Cette dernière. Il est
conforme à la norme de standardisation STANAG 4719
de l'OTAN
. En France, il est en service dans la
Marine nationale.
La production du FA-MAS a cessé en 2000 avec la fermeture du site de la manufacture d'armes de Saint-Étienne en 2000 [réf. nécessaire].
Variantes
FA-MAS F1
- Première version mise en service dans les années 1970.
FA-MAS civil
Afin de pouvoir être vendu sur le marché français, le canon du FA-MAS Civil est raccourci à 570 mm et est chambré en 222 Remington. Il tire au coup-par-coup et la bague pour fixer les grenades a été supprimée. Il n'est plus produit depuis 1992.
FA-MAS commando
Le canon du FA-MAS Commando a été raccourci à 405 mm afin de l'adapter aux usages des forces spéciales. La possibilité de lancer des grenades a aussi été supprimée. Cette variante n'a pas été produite en grande quantité.
FA-MAS export
Conçu pour les marchés extérieurs, le FA-MAS Export peut seulement tirer au coup-par-coup et n'est pas capable de lancer des grenades.
FA-MAS G1
Dérivé du F1, le FA-MAS G1 était une version de transition entre le F1 et le G2. Il utilisait le chargeur de 25 coups du F1.
FA-MAS G2
Le G2 est identique au F1 d'un point de vue mécanique. Les spirales du canon sont de dimensions différentes (pas de 1/9 contre 1/12 pour le F1) et le G2 peut ainsi tirer les munitions de type M193 (M16) ou SS109. Extérieurement, cette dernière se distingue par la suppression de l'arcade de pontet, remplacée par une large garde partant de la base de la poignée et qui finit à la moitié du fût, ainsi que par un chargeur courbe de 30 cartouches aux normes STANAG. La fibre de verre utilisée pour la poignée garde-main et le fût est remplacée par du plastique, le reste de l'arme est réalisé en acier. La suppression de l'arcade de pontet, mobile sur le F1, a été apportée pour permettre l'usage du FA-MAS en milieu arctique (avec des gants).
FA-MAS FÉLIN
Le FA-MAS FÉLIN a été mis au point à partir du G2 dans le cadre du programme FÉLIN (Fantassin à Équipements et Liaisons INtégrés). Il comprend une lunette à vision thermique permettant le tir de nuit et un ordinateur embarqué délivrant des informations tactiques. Le fantassin pourra ainsi par exemple, grâce au système de visée déportée, sécuriser une aire sans s'exposer aux tirs ennemis, en restant à l'abri alors qu'il examine la zone ou vise. Afin de faciliter la manipulation de l'arme, elle est dotée d'une seconde poignée verticale à l'avant et d'un carénage entre les deux poignées. L'ordinateur installé sur le Félin déplace toutefois le centre de gravité de l'arme vers l'avant, ce qui modifie son comportement lors du tir.
Deux nouveaux modèles sont en évaluation. Une version du F1 dite revalorisée, qui se distingue par l'adjonction à la poignée garde-main d'un rail Picatinny. Cette version fera évoluer le modèle F1 dans quelques années (en photo dans la rubrique Félin). Le second modèle est le FA-MAS FÉLIN à proprement parler qui recevra les équipements développés dans le cadre de ce programme.


